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Lilichocolat -et chats- vous fait visiter un jardin un peu magique, divertissant de son mieux...
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Ressources culinaires

Lundi 27 avril 2009

J'aime bien être cet animal étrange plus à l'aise dans ses rêves que dans la réalité... Et pourtant, cette réalité si nécessaire à un matériau de rêves...


Vue depuis le site de Segeste



Il m'est plus que doux de refaire encore et encore dans mon jardin imaginaire le voyage en Sicile qui vient de s'achever. Un jardin désormais plus grand, plus ensoleillé.
Quelque chose de spécial a accompagné ces jours baignés de douceur de vivre à l'italienne. C'est que la Sicile vous prend par les sens, et notamment ceux qui sont les plus frémissants chez moi, à savoir le goût et l'odorat...


C'était un fort rêve, sucré, salé, parfumé à souhait. Pas assez d'une seule semaine pour tout goûter, j'aurais aimé avoir quelques bouchées de chaque merveille qui passait à ma portée, descendre comme une voleuse chez les petits marchands de légumes et de fruits à trois sous pour faire des parties de dégustation concentrées...

La vie gourmande telle que je l'imaginais: chaque jour si l'on voulait, on pouvait se régaler de poisson frais à la chair incomparable, de fromages variés aux effluves corsées, d'olives gorgées de soleil... Et nous l'avons voulu !

Ma première grande expérience voyageuse fut sans doute d'abord une initiation véritable à la souveraine tranquilité de la table. Là-bas, nul besoin de fouiller, trier, être rusé comme un va-t-en-guerre pour dénicher un peu de saveur. Tout vient à soi dans le calme et l'abondance. Il n'y a qu'à tourner le regard et tendre la main, se laisser bercer par le chant des mots italiens, mordre dans la tomate mûre. Fermer les yeux...

J'ai fait l'expérience d'une lagoureuse histoire d'amour entre un pays et ses traditions culinaires, sans prétention, sans fanfaronnade. Tu en veux, prends-en, il y en a. Et nul ne viendra te troubler tandis que tu apprends à te glisser dans le plaisir pur et doux d'un citron cueilli sur l'arbre, d'un mascarpone généreux, de cassatelle à la ricotta, frémissement d'ailes des anges entrevus dans une petite rue de Trapani.

Le citronnier de la maison

J'ai un peu le vague-à-l'âme et mes papilles sont tristes. On finit par s'habituer à vivre chaque jour une fête. On ne se lasse pas de manger aussi beau, de charmer ses sens au gré de saveurs et de couleurs si vives.
On peut revivre, par le simple acte de mémoire, les lieux, les décors, la beauté de la mer et les doigts agiles des artisans. Mais quitter la table sicilienne, et particulièrement celle de Castellamare, où, nous a t-on dit, le poisson est d'une exceptionnelle qualité, c'est comme plonger sa bouche dans un long hiver.
Je m'émerveille de la générosité gustative de ce pays. Je fais un lien avec le raffinement des Italiens: dans un pays où tout est aussi bon, comment ne pas écrire l'amour sur tous les murs et tant maîtriser les arts? Comment ne pas vivre au sommet du raffinement chaque jour?

Et comment revient-on d'une telle expérience, si ce n'est les sens ternes et le sourire fané?
Je garde dans le creux de mon coeur les mille couleurs, les incroyables saveurs, qui m'ont valu une émotion proche d'un amour inattendu. Et s'il existait un syndrome de Stendhal pour les mets comme il en existe un pour les oeuvres d'art, le risotto aux fruits de mer ou certain cous cous di pesce alla Siciliana pourrait rivaliser avec un Botticelli.

Mon regret est de n'avoir pas davantage dessiné, décrit tous ces parfums qui aussi bien seuls qu'ensemble étaient un ravissement permanent. Les plages aux galets blancs et à l'eau transparente, les églises arabo-normandes aux fresques lumineuses, les petites rues avec leurs chiens pleins de sieste et de soleil, m'ont semblées n'être que les serviteurs de ce qui est le vrai et entier maître de ce pays: l'arte di vivere.

Restent quelques souvenirs, rapportés de ce savoureux voyage, destinés à être offerts - quel déchirement ! - et la compréhension pleine de ce que Leopardi avait voulu dire par "Paradiso perduto".

















Réserve naturelle du Zingaro, Cala della Disa

Photos: Lilichocolat & friends, avril 2009 ©
Par Lilichocolat - Publié dans : Flâner
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Lundi 27 avril 2009

De retour après une semaine de vacances siciliennes (récit dans un prochain article), et des questions plein la tête...

Vivre toute une semaine loin de mes préoccupations récentes et peut-être encore un peu fragiles a mis quelques résolutions à l'épreuve...
En réalité, ce n'est pas si facile de devenir "décroissant" ou "simpliste volontaire". Sorti de son contexte, de son quotidien avec les repères familiers, il est beaucoup plus dur de résister à des pratiques ancrées et qui nous rattrappent malgré nous.

Je rentre de vacances avec un goût un peu amer et quelques désillusions: en fait, j'aimerais bien moi aussi de temps en temps consommer, et même, oserai-je l'avouer, consommer comme avant. J'avais envie de ces objets "inutiles" et même pas forcément beaux pour moi mais qui rappelaient, symbolisaient certains plaisirs que j'ai pu éprouver au cours de mon voyage. Je n'ai rien dit, j'ai fait ma fière, mais j'ai dû batailler pour ne pas céder à la tentation.

Et je suis encore plus étonnée de rentrer et de ne pas avoir envie de me couler de nouveau dans mes pensées qui me semblaient pourtant inébranlables avant mon départ...
Je me surprends à avoir envie de gadgets de déco, de fantaisie de fringues, et même de maquillage, de cosméto, alors que dans mon esprit, le signal "danger" clignote comme un fou. Son message me parvient mais embrumé. Quelque chose en moi s'est dilaté, comme ramolli sous le soleil sicilien.

D'où vient cette envie? Et comment la remettre à sa place?
D'une frustration sans doute. D'un manque de liberté quelque part. La voie de la consommation pour compenser n'est pas surprenante. Une frustration de beauté, de création, de mise en valeur, d'adéquation avec celle que j'ai à coeur de laisser exister. Car pendant une semaine, je me suis tue. Quelques convictions ont surgi ça et là, mais il n'était pas question de jouer les rabat-joie, et j'ai donc laissé mon costume de militante au vestiaire. Le mal était insidieux, car ce que l'on refoule, ce sur quoi on ferme les yeux après avoir profondément pris conscience que ce n'était plus la bonne voie, fait des ravages.



Cent fois sur le métier remettre l'ouvrage.
Il y a un chapitre dans le livre de Alice Le Guiffant et Laurence Paré (voir article précédent pour plus d'informations sur cet ouvrage) qui s'intitule "Comment ne pas se réencombrer?". Je n'en étais pas encore là, mais en l'état actuel des choses et des émotions vécues, il me semble qu'il aura toute son importance dans les jours à venir.
Voici ce qu'elles disent: "Ce qui est le plus difficile, c'est de se passer du superflu. Ou plutôt de ne pas ACHETER encore et encore." Et elles conseillent donc une méthode pour résister.
- une liste de 30 jours: noter toutes ses envies sur papier avec le prix et ce que ça représente en heures de travail...
- un moratoire sur les achats (ne rien acheter d'autre que l'alimentaire et ce qui sert à faire tourner la maison pendant une période donnée). Ce qui évite les achats compulsifs et compensatoires.


Photo Lilichocolat

Par Lilichocolat - Publié dans : Désencombrer
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Jeudi 16 avril 2009
Ou comment tout a commencé...

Il y a un an, il y avait partout de tout chez moi: vaisselle, linge, vêtements, jeux, livres, CD, tous ces objets familiers qui traînent plus ou moins partout plus ou moins tout le temps parce qu'on n'a pas d'étagères pour les mettre, de temps pour les ranger, ou que la place derrière-la-boîte-de-photos-au-dessus-des-livres-à-côté-des-feuilles-de-brouillon n'est pas accessible ou alors si bien cachée qu'on a oublié que c'était là qu'il fallait ranger...

Je passais mon temps à me plaindre du manque de placards, mais aussi du manque de murs, et du coup, du manque de pièces dans la maison... Et toutes ces choses à ramasser, à entasser, à dépoussiérer, déplacer au moment du ménage... Quelle fatigue.
Et si la solution c'était de désencombrer? Non pas avoir plus d'étagères, mais moins de trucs à mettre dessus? D'ailleurs, dans cette multitude, de quoi nous servons-nous vraiment? Trois théières, est-ce bien indispensable? Et voilà, les premiers pas vers la décroissance étaient enclenchés.
A l'époque je ne connaissais pas l'existence du blog d'Alice Le Guiffant et Laurence Paré, qui depuis s'est transformé en un site-ressource sur pas mal d'autres sujets.

Mais leur livre, L'art du désencombrement, qui vient de paraître aux éditions Jouvence, est une base de travail précieuse quand on veut se lancer dans un nettoyage par le vide. les deux auteures, après avoir expliqué que non, posséder toujours plus ne rend pas heureux, nous aident pièce par pièce à vider, jeter, donner ou recycler ce qui peut l'être, et surtout à ne pas réencombrer. Car on dirait bien que l'homo-consumerus a horreur du vide et que les places nettes attirent insidieusement les bibelots...

Après la grande bouffée de bien-être procurée par la fureur de jeter qui peut s'emparer de vous (ça m'est arrivé !), il faudra donc rester vigilant pour que ce qui est sorti par la porte ne rentre pas sous une autre forme par la fenêtre, et ce guide est très précieux pour cela.

Sans compter que le tri dans la maison a cet effet surprenant de tri dans la tête, comme si on désencombrait aussi notre esprit, notre monde intérieur en même temps, naturellement, en s'autorisant un accès toujours plus grand à nos besoins personnels, intimes.

Je n'aimais pas faire le ménage, avant. Désormais, même sans motivation, ça doit me prendre une heure, tout compris. Du temps économisé, si précieux pour dormir, cuisiner, lire... et rêver!

image publiée avec l'aimable autorisation des éditions Jouvence

L'art du désencombrement, Se libérer de l'inutile pour vivre plus léger. Alice Le Guiffant et Laurence Paré; éditions Jouvence, 2009
Par Lilichocolat - Publié dans : Désencombrer
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Mercredi 25 mars 2009

Prendre du temps pour soi.
Il y a des jours angoissés, ou stressés, où l'on se dit que ça ferait du bien de prendre une heure pour soi.
Comme j'aime beaucoup (mais alors beaucoup) la façon de penser de Dominique Loreau (L'Art de la simplicité; L'Art des listes; L'Art de l'essentiel), et que j'ai testé avec un gain conséquent en sérénité ses conseils de désencombrement et de vie dans l'instant, je me disais que le bain tel qu'elle le décrivait devait mériter d'être testé.

Voici ce qu'elle en dit*:" une fois propre on entre dans son bain, très chaud, pour méditer ou rêver. La baignoire peut être en bois de cèdre, dont le parfum est rehaussé par la chaleur... Les Français ne connaissent pas le plaisir du bain."

Bon. Ne voulant pas passer à côté de ce qui promettait délectation et détente, et malgré l'absence de bois de cèdre, je suis entrée -propre- dans ma baignoire pas trop remplie quand même.

Je dois préciser que je ne prends pas de bain. Cela doit m'arriver au plus deux fois par an, quand je rentre frissonnante de gris hivernal, dans une démarche uniquement prophylactique, quand je ne parviens plus à me réchauffer autrement.
Ne pas prendre de bain est une histoire de goût d'abord, trempouiller et ramollir dans l'eau n'ayant jamais été mon fort, et c'est aussi mon plus ancien acte écologique (bien mince il est vrai), le premier que j'ai posé, ravie qu'il serve de caution à mon dégoût des trempettes. (La fin justifie les moyens?)

Résultat de l'expérience: C'est vrai que prendre un bain après la toilette change un peu la donne. Et que la chaleur de l'eau a un effet délassant.
Mais, pour ce genre d'exercice, je peux tout aussi bien utiliser le lit ou le canapé, écouter une musique que j'aime, lire un livre qui me change les idées, faire des exercices de respiration, autant d'actions qui ne sacrifient pas, elles, environ 150 litres d'eau pour seulement rêvasser...



Non, décidémment, je ne peux pas. Quand je trouve que déjà ma douche quotidienne gaspille trop d'eau (pourtant réduite au maximum), comment profiter de ce luxe déplacé?
Je suis sortie déçue et culpabilisée, j'ai regardé longuement toute cette eau dans la baignoire en songeant à ceux qui là-bas, étaient en train de mourir de soif (ben ouais je sais c'est pas drôle ni poétique, mais c'est une réalité) pour que moi je puisse prendre un bain ! J'en ai récupéré la moitié pour les toilettes, mais il a bien fallu jeter le reste. De l'eau propre...

Le corbeau, donc, honteux et confus...

* source: www.nouvellescles.com - consultation du 23 mars 2009
Par Lilichocolat - Publié dans : Ecologiser
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Lundi 23 mars 2009

Le dimanche midi, j'adore regarder l'émission (j'allais écrire émotion !) sur France 5 Les escapades de Petitrenaud. C'est une délectation.

En réalité, cette émotion (cette fois, c'est bien le mot) est garantie chaque fois que je me retrouve à suivre des expériences culinaires, que ce soit en blogs, en livres, en reportages ou autres images...

Il y a quelques années, la nourriture était une souffrance et un réconfort, les deux à la fois. Les mots qui ne sortaient pas, les émotions trop vives étouffées avant d'exister, les peines écrites mais non dites... Tout se transformait en nourriture-doudou, nourriture-bâillon, et nourriture-punition quand je constatais que mes anti-stress avaient de désastreux effets sur ma silhouette...

Je n'avais pas compris que ce qui hurlait en moi, et que je cherchais tant à contrôler, refouler, c'était ce qu'on appelle véritablement une passion. Cette lumineuse énergie qui transcende l'être et lui offre de se créer à chaque instant.
Je n'avais pas admis que la créativité chez moi se traduisait par la recherche esthétique, opiniâtre et perfectionniste de ce qui, rien qu'en mot me fait déjà vibrer: la Cuisine.
La grande, la petite, la rapide, l'élégante, la simple, toutes m'attirent, m'intriguent.
Des vertiges de bonheur à l'idée des mille et mille possibilités de couleurs, saveurs, parfums.
Des successions ininterrompues de créations, toutes plus farfelues et expérimentales les unes que les autres.
J'ai eu un professeur de français dont la pointe de regrets glissait sur la trop courte durée de la vie pour avoir le temps de lire tous les livres.
Moi, ce sera de goûter tous les plats.

Et de plus en plus, comme un musicien travaille son instrument, j'exige de mon palais un raffinement toujours plus grand, un perfectionnement du goût, une éducation des saveurs.
Tout en fabricant d'autre part cet instrument, puisque je m'essaie avec plus ou moins de bonheur selon les jours à ce qui est loin d'être un talent mais se révèle un véritable plaisir: mitonner, concasser, hacher, déglacer, faire blanchir, pétrir, rôtir, épépiner... et déguster.

Beaucoup de personnes attendent les vacances pour partir au soleil se changer les idées. Moi, je descends dans mon jardin et je suis déjà en voyage: les herbes aromatiques que je collectionne, et pour lesquelles je suis sans cesse en quête d'utilisations diverses, les fruits et légumes au fil des saisons, comme autant de promesses délicieuses dans la froidure de l'hiver, les fleurs dont je découvre pour certaines la délicatesse parfumée et la beauté en touche finale de présentation...
Et puis, il y a mon cadeau d'anniversaire, dont je me régale les moustaches à l'avance, comme un compte à rebours: un bon restau, choisi avec soin, des mois à l'avance... Mes Caraïbes, quoi.

Dans cet univers de haute qualité gustative, sans cesse recherchée, sans cesse affinée, le bio et les plats végétariens avaient naturellement leur place de choix. Il se peut même que bien avant leurs qualités que je revendique et défends aujourd'hui pour d'autres raisons plus engagées, mon intérêt pour eux soit venu de ce qu'ils offraient une telle diversité de couleurs, de saveurs, de formes que je me suis dit comme une révélation: "La biodiversité contre l'ennui dans l'assiette!"
Autre grand amusement: les variations sur le même thème: C'est fou tout ce qu'on peut faire avec un chou !

Et puis, enfin, manger est un acte profondément spirituel. Lorsqu'on se rend compte de cela, on arrête de bouffer et on commence vraiment à manger.
Laissons tomber les régimes, les idées contradictoires sur les laitages ou la viande, et marquons un temps, pour le respect de la terre, du goût, des traditions, des symboles, avant de laisser fondre cette bouchée, de laisser éclater tous ses parfums sur la langue. Est-ce autre chose, le bénédicité?



Expérience - réussie - de galette aux haricots noirs
Photo Lilichocolat
Par Lilichocolat - Publié dans : Se régaler
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