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Lilichocolat -et chats- vous fait visiter un jardin un peu magique, divertissant de son mieux...
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Boîtes de rangement

Petites visites

Samedi 2 mai 2009 6 02 05 2009 21:37

Entre deux ivresses potagères - plantations des petites "compulsions" de ce matin au marché (cinq plants de brocolis, trois de gariguettes, un de rhubarbe et un de persil; les graines achetées il y a deux jours en Biocoop: haricots blancs, courgettes) et délires culinaires (oeufs soufflés, croquets aux noisettes, hoummos de betterave rouge, muffins aux noisettes et rhubarbe...), les lectures continuent.

Avant les vacances, j'ai contacté le service relations et communication des éditions Jouvence pour demander l'autorisation d'utiliser le visuel d'une couverture d'un livre dont je voulais parler sur le blog. Mon article ayant été lu par la personne responsable, un autre livre m'a été envoyé en remerciement.

J'ai trouvé le colis en rentrant de vacances, et ai dévoré son contenu.

Je le conseille vraiment (non, je n'ai pas été payée pour faire la promo !)  à ceux qui veulent découvrir les dessous de notre mode de consommation actuelle. Pédagogique et plein d'informations, d'exemples parlants, ce petit livre ouvre les yeux.

Il s'appelle De la consommation à la consomm'action, les coûts cachés du quotidien, de René Longuet avec la collaboration de Muriel Lardi, collection Savoir et Agir pour ce Siècle.

Les auteurs partent d'une journée type en démontrant que la plupart de nos actes ont un impact social, économique et écologique sur la planète.

Prenons l'exemple du jus d'orange: on croit prendre innocemment sa dose de vitamine C et on découvre avec effroi que ce simple geste n'est pas anodin du tout: le verre du "pur" jus est en réalité à moitié rempli de pétrole, de pesticides, de déchets (pour obtenir 5500 litres de jus, il faut 11,5 tonnes de fruits) a nécessité une culture très gourmande en eau et débordant sur les autres cultures vivrières au point de les faire disparaître, ce qui a bien évidemment des conséquences sociales problématiques (manques de ressources, déplacements de populations, précarité, immigration...), d'exploitation ouvrière à bas prix et sans garantie d'emploi, pour un profit très maigre: on trouve en effet la sacro-sainte vitamine C dans le persil (qui pousse dans les jardins de toute la France et ne fait même pas le difficile sur un balcon ou une étagère de cuisine), dans les fraises, ou même, tout bêtement, dans une orange entière...!

Et puis bien sûr, les emballages, sans compter l'énergie déployée d'une part pour les fabriquer, d'autre part pour les détruire (et la pollution qui va avec), et bien... ce n'est certainement pas un cadeau que l'on fait à notre santé ni à celle de ceux qui nous succèderont. Le bon recyclage, c'est celui qu'on évite de créer en amont, c'est à dire avant l'achat...


Je ne consomme pas de jus d'orange par goût. Mais si j'avais cette habitude, ce ne serait peut-être pas si facile à changer...
Disons que ces produits lointains, que nous avons pris l'habitude de consommer en ordinaire, peuvent peu à peu devenir plus occasionnels, des saveurs de fête, afin de refaire une place à celles plus locales et tout aussi bonnes (découverte récente: le jus de pomme du Potager bio de Fussy...Un nectar !) et contribuer ainsi à soulager des populations exploitées pour notre bon plaisir (je suis aussi en train de relire Voltaire...).
La redécouverte de ce qui se fait près de chez nous, la revalorisation d'espèces de plantes qui ont presque disparu ou sont en passe de l'être, permettraient bien des effets positifs... On peut toujours rêver.

En attendant, afin de ne pas se laisser empoisonner et abuser... lisons !

Photo publiée avec l'aimable autorisation des Editions Jouvence
Par Lilichocolat - Publié dans : Lire
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Vendredi 1 mai 2009 5 01 05 2009 18:39
Hier, je ne suis pas venue car le jardin m'a envoûtée...
Ne croyant y travailler qu'une petite demi-heure, le temps de désherber ce carré où l'herbe était devenue vraiment trop haute, j'y ai finalement passé la journée.
A désherber bien sûr, mais finalement aussi à semer des fleurs dans le parterre tout neuf qui s'offrait, arroser, et puis lire, et puis écrire à l'ombre du prunier...

Aujourd'hui, j'y suis retournée; quand il fait beau, quel bonheur que de gratter la terre, prendre soin des petites salades qui poussent décidémment bien cette année, des petits pois qui ont l'air motivé, faire des allées dans un potager au visage nouveau, puisque désormais en carrés.

Jardin d'une amie

Oui, je sais, c'est la mode, mais ça fait très longtemps que j'en ai envie: une vieille passion pour le Moyen-Âge, allant des manuscrits aux costumes, en passant par la cuisine et les plantes médicinales, ne pouvait passer outre l'art de cultiver les jardins. C'est en visitant le Fort La Latte en Bretagne que j'ai découvert pour la première fois ces petits carrés délimités par des tressages de branches ou des petits rondins de bois, au milieu desquels couraient des allées.
Je me suis promis il y a dix ans de cela que mon jardin ressemblerait à celui-là. Un rêve qui commence à se réaliser, même si les tressages ne sont pour l'instant que des planches de bois, et les allées pas encore recouvertes de petits cailloux blancs...
Je ne suis pas une jardinière émérite, beaucoup de perte pour peu de rendement. J'avoue avoir plus de facilités à le rêvasser que l'entretenir en vrai, ce jardin ! Mais avec les carrés, c'est comme si la vapeur s'était inversée. Le travail avance plus vite, les cultures sont mieux protégées de toutes les petites bêtes qui avant n'avaient qu'à passer d'un rang à l'autre pour se régaler (allez la limace, escalade la planche, je te regarde !) et donc... on dirait bien que le découragement s'estompe à mesure que la récolte (et la dégustation) suit le semis...

Et puis... il y a la beauté, toujours elle. Je commence à mieux repérer les lieux d'ombre, les espèces sauvages et leurs recoins secrets, les heures et les saisons où le lieu est à son avantage.
Je cherchais il y a quelques jours un remède à une fièvre acheteuse: je crois que je l'ai trouvé !

Par Lilichocolat - Publié dans : Jardiner
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Mercredi 29 avril 2009 3 29 04 2009 11:33
Depuis un reportage vu sur le net, je suis devenue une lectrice assidue du blog Yurtao, la voie de la Yourte (à visiter ici).

J'avais découvert ce type d'habitat une première fois en visitant le salon de la maison en bois à Angers en 2003. J'y avais ressenti un profond bien-être et un fort sentiment de liberté; mais alors dans mon esprit ce ne pouvait être qu'une fantaisie pour riche qui voulait s'offrir une originale succursale de jardin pour l'été.

Puis il y a eu l'émission "Rendez-vous en terre inconnue", en Mongolie, sur lequel j'avais déjà écrit (
ici). L'habitat mobile, léger, écologique à l'oeuvre, et comment on y vit pour de vrai. J'ai été très impressionnée de la rapidité avec laquelle une yourte peut être démontée: deux heures seulement !
Sans parler de sa résistance au climat extrême des plaines mongoles, ni bien sûr de la beauté des petits meubles légers et modulables qui l'égayaient.

L'idée a fait son chemin. A la suite du reportage sur les "décroissants" (qui n'était d'ailleurs pas vraiment sur le sujet, mais bon), diffusé en mars dernier, le rêve lointain a pris forme: bien sûr, je pouvais toujours rêver de m'offrir un jour peut-être un voyage en Mongolie pour, entre autres, vivre sous la yourte, mais je pouvais aussi commencer à réfléchir à la manière de le vivre ici, en direct...


 image: AFP (libre de droits)

Le témoignage de Sylvie, et malheureusement les combats qu'elle doit mener, montrent à quel point ce type d'habitat est respecteux des hommes, de l'environnement, et possède une très grande autonomie.
Bien sûr, cela chatouille les teneurs de pouvoir, qui n'aiment pas bien qu'on se passe d'eux. Mais après avoir parcouru le blog de Sylvie, je me suis dit que c'était sans doute une des plus belles et plus simples solutions pour demain.

Evidemment, je n'ai pas encore commencé à chercher le terrain pour construire ma yourte, mais l'idée fait son chemin... L'avenir se teinte pour moi parfois de visions apocalyptiques, où à force de ne pas se prendre en main nous n'aurions plus ni eau propre, ni nourriture saine, ni air pur, et étrangement, la projection mentale d'une vie en yourte suffit à m'apaiser... Et si la voie de la yourte, c'était la voie de l'espoir?

Peut-être bien que cet été, je passerai une semaine au cantoyourte... Je ferais bien cette expérience, pour me tester vraiment, et pour avancer encore un peu sur le chemin que je sais être le mien...
Par Lilichocolat - Publié dans : Désencombrer
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Mardi 28 avril 2009 2 28 04 2009 16:20
Jour de pluie pour jour de vacances, le printemps a les idées ailleurs.
J'aime ce temps, cette lumière, et cette autorisation à rester à l'intérieur en regardant les nuages s'amuser.

Le jardin tout luisant éclate de verdure, et ça me donne des envies de dessin...
Seulement, quand on n'a pas pris un crayon de papier entre ses doigts depuis des années, comment s'y prendre, et par où commencer?
Il y a longtemps, quand ma terre-mère n'avait pas encore tremblé, je dessinais, et d'après ce que l'on me disait, je me débrouillais bien.
Mais les années ont passé, et je me sens fragile et démunie face à ma feuille toute blanche, la main tremblante.
Il faut un courage et une patience que je ne trouve plus; un soupir lointain inciterait à laisser tomber...

De mes deux voyages en Sicile et à Florence, remontent par vagues concentrées des paysages et des images de beauté.

Trapani, Sicile

Il serait bon que cela vive pour de vrai, s'exprime en réalité.
Il semble qu'il me faudra du temps, et quelques échecs cuisants. Le seul moyen d'apprendre, et de donner du sens à ce qui émanera.

En attendant, je me fais la main sur des choses faciles. J'ai une boîte à trésors où je renferme au gré de l'humeur des tas de modèles de vêtements, chapeaux, chaussures et autres sacs, du plus farfelu au plus sobre.
J'y ai puisé un peu d'inspiration pour commencer à dessiner ma garde-robe idéale.

Premier pas, réassurance, vers l'aisance enfuie à la poursuite de laquelle je crois être enfin prête à me lancer...































Photo et dessin Lilichocolat
Par Lilichocolat - Publié dans : Ecrire
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Lundi 27 avril 2009 1 27 04 2009 21:23

J'aime bien être cet animal étrange plus à l'aise dans ses rêves que dans la réalité... Et pourtant, cette réalité si nécessaire à un matériau de rêves...


Vue depuis le site de Segeste



Il m'est plus que doux de refaire encore et encore dans mon jardin imaginaire le voyage en Sicile qui vient de s'achever. Un jardin désormais plus grand, plus ensoleillé.
Quelque chose de spécial a accompagné ces jours baignés de douceur de vivre à l'italienne. C'est que la Sicile vous prend par les sens, et notamment ceux qui sont les plus frémissants chez moi, à savoir le goût et l'odorat...


C'était un fort rêve, sucré, salé, parfumé à souhait. Pas assez d'une seule semaine pour tout goûter, j'aurais aimé avoir quelques bouchées de chaque merveille qui passait à ma portée, descendre comme une voleuse chez les petits marchands de légumes et de fruits à trois sous pour faire des parties de dégustation concentrées...

La vie gourmande telle que je l'imaginais: chaque jour si l'on voulait, on pouvait se régaler de poisson frais à la chair incomparable, de fromages variés aux effluves corsées, d'olives gorgées de soleil... Et nous l'avons voulu !

Ma première grande expérience voyageuse fut sans doute d'abord une initiation véritable à la souveraine tranquilité de la table. Là-bas, nul besoin de fouiller, trier, être rusé comme un va-t-en-guerre pour dénicher un peu de saveur. Tout vient à soi dans le calme et l'abondance. Il n'y a qu'à tourner le regard et tendre la main, se laisser bercer par le chant des mots italiens, mordre dans la tomate mûre. Fermer les yeux...

J'ai fait l'expérience d'une lagoureuse histoire d'amour entre un pays et ses traditions culinaires, sans prétention, sans fanfaronnade. Tu en veux, prends-en, il y en a. Et nul ne viendra te troubler tandis que tu apprends à te glisser dans le plaisir pur et doux d'un citron cueilli sur l'arbre, d'un mascarpone généreux, de cassatelle à la ricotta, frémissement d'ailes des anges entrevus dans une petite rue de Trapani.

Le citronnier de la maison

J'ai un peu le vague-à-l'âme et mes papilles sont tristes. On finit par s'habituer à vivre chaque jour une fête. On ne se lasse pas de manger aussi beau, de charmer ses sens au gré de saveurs et de couleurs si vives.
On peut revivre, par le simple acte de mémoire, les lieux, les décors, la beauté de la mer et les doigts agiles des artisans. Mais quitter la table sicilienne, et particulièrement celle de Castellamare, où, nous a t-on dit, le poisson est d'une exceptionnelle qualité, c'est comme plonger sa bouche dans un long hiver.
Je m'émerveille de la générosité gustative de ce pays. Je fais un lien avec le raffinement des Italiens: dans un pays où tout est aussi bon, comment ne pas écrire l'amour sur tous les murs et tant maîtriser les arts? Comment ne pas vivre au sommet du raffinement chaque jour?

Et comment revient-on d'une telle expérience, si ce n'est les sens ternes et le sourire fané?
Je garde dans le creux de mon coeur les mille couleurs, les incroyables saveurs, qui m'ont valu une émotion proche d'un amour inattendu. Et s'il existait un syndrome de Stendhal pour les mets comme il en existe un pour les oeuvres d'art, le risotto aux fruits de mer ou certain cous cous di pesce alla Siciliana pourrait rivaliser avec un Botticelli.

Mon regret est de n'avoir pas davantage dessiné, décrit tous ces parfums qui aussi bien seuls qu'ensemble étaient un ravissement permanent. Les plages aux galets blancs et à l'eau transparente, les églises arabo-normandes aux fresques lumineuses, les petites rues avec leurs chiens pleins de sieste et de soleil, m'ont semblées n'être que les serviteurs de ce qui est le vrai et entier maître de ce pays: l'arte di vivere.

Restent quelques souvenirs, rapportés de ce savoureux voyage, destinés à être offerts - quel déchirement ! - et la compréhension pleine de ce que Leopardi avait voulu dire par "Paradiso perduto".

















Réserve naturelle du Zingaro, Cala della Disa

Photos: Lilichocolat & friends, avril 2009 ©
Par Lilichocolat - Publié dans : Flâner
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