Est une fête irlandaise, d'origine celte.
Une petite heure de récréation pour un résultat à faire peur à tous les mauvais esprits, le soir du passage.
Une lumière dansante pour penser à ceux qui nous manquent. Car ce jour du 1er Novembre est celui, unique dans l'année, où les vivants cohabitent avec les morts.
Le soir du passage vers le grand Automne. Pas celui des feuilles dorées et des poires bien mûres. Celui des brouillards immobiles, des gelées soudaines, des arbres fantômatiques. Du froid qui
enveloppe la terre pour lui permettre le repos cyclique.
La chaleur de nos maisons, les récoltes entreposées à la cave, et sur le bord de la fenêtre, un sourire énigmatique qui protège les habitants.
Le Valenciano peut aussi servir à cela ! (Photo Lilichocolat)
Par Lilichocolat
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Vendredi 25 septembre 2009
Au fond de moi, depuis toujours, vit une bête.
Je l'ai parfois approchée ces dernières années, alors qu'auparavant, la simple pensée d'elle si monstrueusement sauvage me donnait des frissons de terreur.
Elle vit dans la cave la plus profonde et la plus ancienne de mon esprit.
Pour y accéder, il faut passer dans l'autre sens tous les obstacles de sécurité dressés pour qu'elle ne s'échappe pas: des gardiens, relevés régulièrement sous ma surveillance (mais pas
infaillible). Quantité de pièges et chausse-trappes, chemins détournés, leurres. Quand on parvient à trouver la porte ferrée qui mène au corridor de l'antre, encore faut-il trouver la bonne
clé.
C'est au fond de la dernière salle, derrière trois autres portes aussi blindées, que l'on peut enfin sentir la chaleur infernale et toute la force sans limite de cette chimère d'émotions brutes,
indomptées.
La garder en cage est la plus sûre protection, quand on n'a pas d'autre solution.
Un jour pourtant, la curiosité nous pousse. Savoir quel regard a cette bête furieuse au fond de nous, à quoi elle ressemble vraiment. Qui nous sommes quand nous redevenons sauvages.
Descendre voir. S'approcher. Descendre en soi rencontrer cette part d'ombre, cette boule d'énergies indomptée, en ayant bien conscience que certains n'en sont jamais revenus. Si la bête nous
échappe, prend tout empire sur nous, c'est la fin du sens et le début du chaos. L'Apocalypse n'existe qu'en nous.
Je sais à quoi ma bête ressemble. C'est une dragonne. Noire, immense, des yeux remplis de flammes et la morsure empoisonnée.
Je me suis fait mordre, déjà. Cela fait mal pendant des jours, parfois des semaines, le poison se diffuse lentement, cette bile noire, la mélancolie. Elle souffle des idées malades, mauvaises,
gâtées. C'est le sang noir de la dépression.
C'est ce qui arrive quand la bête est laissée au fond de sa cage, très loin de nous, tout au fond de notre esprit.
On a parfois la chance de sentir que les énergies puissantes de nos vies doivent être comprises et apprivoisées pour nous porter. Mais les dragons de l'esprit ne sont pas livrés avec le mode
d'emploi.
Et nous sommes avec eux maladroits, violents ou au contraire trop doux, indolents. Morsures, griffures, entêtement nous conduisent alors à remonter, furieux, et laisser cette vie instinctive
tourner en rond dans sa prison, nous privant d'équilibre.
Il existe cependant un moyen d'accéder au manuel de dressage et d'apprivoisement du dragon intérieur, d'entrer en communication avec lui. Avoir les outils et les gestes sûrs, adaptés, sans violence
ni molesse, alliant écoute et fermeté.
Comme chaque bête est différente, ce sera à nous de créer ce grimoire personnel adéquat.
Les maîtres-dragoniers existent.
Dans notre monde, ils sont connus sous le nom de psychanalystes.
Ils nous aident à utiliser ces outils, en trouver ou inventer d'autres, à apprendre les gestes qui nous permettent, jour après jour, d'apprivoiser notre intrinsèque bête fauve.
Par Lilichocolat
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