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Mardi 14 juillet 2009
A la médiathèque, j'ai trouvé un livre intitulé La Simplicité Volontaire, écrit en 1986 par Malie Montagutelli.

Cet ouvrage explique comment le courant est né (par le bais de penseurs tels que Richard Gregg ou Henry David Thoreau, les Quakers), comment il a évolué et pris racine dans un frange non négligeable de la société américaine. L'auteure explique ensuite pourquoi ce mouvement aura quelques difficultés à s'implanter en France, à la lumière d'analyses politico-économiques et de témoignages. Selon elle, notre société n'était pas prête (à l'époque, mais l'est-elle maintenant?) à changer son mode de vie, notamment parce que la société du plaisir et de la consommation a été voulue et mise en place par les dirigeants d'après-guerre. Notre culture, enracinée dans une tradition chrétienne, nous priverait également d'un lâcher-prise que les Protestants semblent avoir plus de facilité à effectuer...

Bien qu'un peu daté, ce livre m'a semblé intéressant pour l'éclairage sociologique et culturel (qui catégorise cependant un peu) qui permet de saisir les contours très flous et l'avenir incertain de ce "courant".

Le plus important à retenir, d'après Malie, étant toutefois que c'est une impulsion tout d'abord intérieure, et souvent guidée dans un premier temps par une ouverture spirituelle. Dans tous les ouvrages ou articles que j'ai pu lire sur le sujet, il est vrai que la spiritualité fait partie intégrante du cheminement des personnes qui témoignent de leur "changement de vie".

On parle de changement de vie parce que c'est un peu bizarre et pas évident de choisir la nage à contre-courant. Dans une société où tout va vite, où tout doit être acheté, consommé et jeté, les efforts faits dans un autre sens partent parfois se perdre dans le flot...

La semaine dernière, je me suis retrouvée en ville au milieu des soldes. Objectif: acheter deux pantalons pour en remplacer deux usés (dont un a fini ses jours en Sicile dans un état incroyable, alors qu'il n'avait pas six mois et avait été peu porté). J'étais partagée entre la volonté de "profiter" des rabais accordés par les industriels du textile pour me vêtir sans trop me faire avoir, et d'un autre côté, j'étouffais une colère monstre en me sentant gagnée par les messages qui disaient "vite, plus que quelques jours pour en profiter, deuxième démarque encore plus de remises, trois achetés, le troisème gratuit, etc." J'ai dû quitter les magasins avant d'étouffer de rage, et m'y suis reprise à deux fois avant de réussir à trouver les maudits pantalons.

Faire les boutiques est devenu une souffrance. Je rêve d'un concept qui permette là aussi de passer directement de la confection à la vente, acheter un vêtement solide, durable, non polluant (la culture du coton ronge la terre et ouvre le désert) et ... local ! Utiliser des plantes comme le chanvre, le lin, ou même l'ortie; de la laine (la laine de mouton me donne des allergies cutannées, mais les poils de lapin angora, de chèvre mohair ça marche aussi). Pour les couleurs, il existe des nuances naturelles à base de
plantes tinctoriales ou la couleur naturelle qui peut être agréable aussi...

Bien sûr, il y a une solution: la vente par correspondance sur Internet. Mais ce n'est pas un acte neutre tant sur le plan politique qu'écologique. Paradoxe que d'écrire un article sur ce sujet... Mais sérieusement, je réfléchis depuis longtemps à une solution pour me passer de cette fenêtre artificielle afin d'en ouvrir une plus grande sur un monde réel... Car jusqu'à preuve du contraire, c'est bien dans celui-là que nous vivons. C'est donc une de mes résistances que ne pas acheter sur Internet.

Pour l'instant, il n'existe pas à ma connaissance de courant de développement de vêtements répondant à mes critères. Soit on accepte de payer le prix fort pour des articles venus de Scandinavie ou d'Allemagne (et dans ce cas, où est l'écologie) ou bien on recycle en allant se fournir d'occasion (ce qui en soi part d'une bonne intention, mais hormis Emmaüs, je n'ai pas d'adresse. Inconvénient majeur: trouver sa taille et des habits en matières non sythétiques est un défi que je n'ai pas encore réussi à relever). Troisième solution que j'ai envisagée (je commence à m'y mettre): fabriquer soi-même...

Si quelqu'un a d'autres idées... Ou se sent l'envie de monter un collectif, je suis partante !

Par Lilichocolat - Publié dans : Lire
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