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Lilichocolat -et chats- vous fait visiter un jardin un peu magique, divertissant de son mieux...
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Vendredi 25 septembre 2009

  Au fond de moi, depuis toujours, vit une bête.
Je l'ai parfois approchée ces dernières années, alors qu'auparavant, la simple pensée d'elle si monstrueusement sauvage me donnait des frissons de terreur.

Elle vit dans la cave la plus profonde et la plus ancienne de mon esprit.
Pour y accéder, il faut passer dans l'autre sens tous les obstacles de sécurité dressés pour qu'elle ne s'échappe pas: des gardiens, relevés régulièrement sous ma surveillance (mais pas infaillible). Quantité de pièges et chausse-trappes, chemins détournés, leurres. Quand on parvient à trouver la porte ferrée qui mène au corridor de l'antre, encore faut-il trouver la bonne clé.
C'est au fond de la dernière salle, derrière trois autres portes aussi blindées, que l'on peut enfin sentir la chaleur infernale et toute la force sans limite de cette chimère d'émotions brutes, indomptées.
La garder en cage est la plus sûre protection, quand on n'a pas d'autre solution.

Un jour pourtant, la curiosité nous pousse. Savoir quel regard a cette bête furieuse au fond de nous, à quoi elle ressemble vraiment. Qui nous sommes quand nous redevenons sauvages.

Descendre voir. S'approcher. Descendre en soi rencontrer cette part d'ombre, cette boule d'énergies indomptée, en ayant bien conscience que certains n'en sont jamais revenus. Si la bête nous échappe, prend tout empire sur nous, c'est la fin du sens et le début du chaos. L'Apocalypse n'existe qu'en nous.

Je sais à quoi ma bête ressemble. C'est une dragonne. Noire, immense, des yeux remplis de flammes et la morsure empoisonnée.
Je me suis fait mordre, déjà. Cela fait mal pendant des jours, parfois des semaines, le poison se diffuse lentement, cette bile noire, la mélancolie. Elle souffle des idées malades, mauvaises, gâtées. C'est le sang noir de la dépression.
C'est ce qui arrive quand la bête est laissée au fond de sa cage, très loin de nous, tout au fond de notre esprit.

On a parfois la chance de sentir que les énergies puissantes de nos vies doivent être comprises et apprivoisées pour nous porter. Mais les dragons de l'esprit ne sont pas livrés avec le mode d'emploi.
Et nous sommes avec eux maladroits, violents ou au contraire trop doux, indolents. Morsures, griffures, entêtement nous conduisent alors à remonter, furieux, et laisser cette vie instinctive tourner en rond dans sa prison, nous privant d'équilibre.

Il existe cependant un moyen d'accéder au manuel de dressage et d'apprivoisement du dragon intérieur, d'entrer en communication avec lui. Avoir les outils et les gestes sûrs, adaptés, sans violence ni molesse, alliant écoute et fermeté.

Comme chaque bête est différente, ce sera à nous de créer ce grimoire personnel adéquat.

Les maîtres-dragoniers existent.
Dans notre monde, ils sont connus sous le nom de psychanalystes.
Ils nous aident à utiliser ces outils, en trouver ou inventer d'autres, à apprendre les gestes qui nous permettent, jour après jour, d'apprivoiser notre intrinsèque bête fauve.


Par Lilichocolat
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Mercredi 17 juin 2009
Après-midi papotage (tout en travaillant quand-même !) à la bibliothèque du Réseau d'Echanges Réciproques de Savoirs (comment, je n'ai jamais parlé du RERS de Bourges ici? Je répare cet oubli terrible dans un très prochain post...) avec ma chère Irema. Compagne de bibliothèque, mais aussi des ateliers d'écriture de l'an dernier.

Une époque qui me paraît très très loin.
Cela fera un an dans une semaine que j'ai perdu mon chat d'écriture, mon cher Merzhin. Et depuis, rien, pas une goutte d'encre un peu jolie, pas une ligne d'inspiration. A croire qu'il a embarqué avec lui plumes, écritoire et chemins d'histoires...

Pourtant, au fil de la discussion, quelques idées éparses se sont rassemblées, ont pris corps pour devenir une véritable évidence.

Je l'ai déjà dit, je ne crois pas aux coïncidences. Quand on est prêt, on voit les éléments sur notre route, on les rassemble et on se met à créer.

La semaine dernière, c'était au tour de mon compagnon d'aller chercher des livres à la médiathèque. Parmi ceux qu'il a rapportés se trouvait une BD que j'ai dévorée. La trame de l'histoire était étonnement familière, car il y a environ dix ans, j'avais commencé à en écrire une semblable. Mais ce n'est pas la première fois que je retrouve une idée de scénario, ou d'une autre sorte de création sous l'imagination de quelqu'un d'autre. Et en général, je me dis "bon, cette idée est déjà prise, cherchons-en une autre..." Arrivée au bout du volume, je m'aperçois que la suite est en suspens. Donc, doit se trouver forcément à la Médiathèque. Quelle ne fut pas ma surprise de ne pas trouver le deuxième tome ni aucun autre... Encore pleine d'espoir, je demande à la bibliothécaire. Non, la BD date de 1997 (hé oui, tiens tiens...) et ils n'ont jamais été achetés. Mais pourquoi? Par curiosité, nous regardons sur un site de libraires... Et là, surprise: ils ne risquaient pas de l'être car ils n'ont jamais paru...
La bibliothécaire me dit alors en souriant "il va falloir dessiner la suite...!"
Oui, je réponds en rigolant. Je remercie, je m'éloigne.

Scène d'après-midi. Nous parlons chats, écriture, lectures. Et là, comme dans un bain révélateur, le décor apparaît: Cette envie d'écrire revenue avec la frustration de ne pas savoir la suite de l'histoire. L'étrange ressemblance avec celle que j'avais commencé à écrire... Et sans doute par dessus tout une condition essentielle à mon retour vers la table d'écriture. Une condition sans laquelle, pendant un an, j'ai été sèche et sans inspiration... Un chat, bien sûr. Je ne parle pas de Noisette, ni de Noa, qui sont des chattes et n'ont pas de prétentions à devenir des accompagnatrices.  Mais bien d'un matou, qui plus est celui d'un vieux rêve, d'une sorte de tradition imaginaire. Un "muse-chat", qui m'inspire et m'encourage à écrire. Elixir l'élu...










photo Lilichocolat
Noisette ou la compagne de jeux idéale (en même pas trois jours... Magique !)
Par Lilichocolat
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Mardi 28 avril 2009
Jour de pluie pour jour de vacances, le printemps a les idées ailleurs.
J'aime ce temps, cette lumière, et cette autorisation à rester à l'intérieur en regardant les nuages s'amuser.

Le jardin tout luisant éclate de verdure, et ça me donne des envies de dessin...
Seulement, quand on n'a pas pris un crayon de papier entre ses doigts depuis des années, comment s'y prendre, et par où commencer?
Il y a longtemps, quand ma terre-mère n'avait pas encore tremblé, je dessinais, et d'après ce que l'on me disait, je me débrouillais bien.
Mais les années ont passé, et je me sens fragile et démunie face à ma feuille toute blanche, la main tremblante.
Il faut un courage et une patience que je ne trouve plus; un soupir lointain inciterait à laisser tomber...

De mes deux voyages en Sicile et à Florence, remontent par vagues concentrées des paysages et des images de beauté.

Trapani, Sicile

Il serait bon que cela vive pour de vrai, s'exprime en réalité.
Il semble qu'il me faudra du temps, et quelques échecs cuisants. Le seul moyen d'apprendre, et de donner du sens à ce qui émanera.

En attendant, je me fais la main sur des choses faciles. J'ai une boîte à trésors où je renferme au gré de l'humeur des tas de modèles de vêtements, chapeaux, chaussures et autres sacs, du plus farfelu au plus sobre.
J'y ai puisé un peu d'inspiration pour commencer à dessiner ma garde-robe idéale.

Premier pas, réassurance, vers l'aisance enfuie à la poursuite de laquelle je crois être enfin prête à me lancer...































Photo et dessin Lilichocolat
Par Lilichocolat
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Jeudi 1 janvier 2009
L'An neuf vient juste de sortir de sa coquille, tout frais, prêt à déguster.
A peine déballé, encore à découvrir.
Rien ne le distingue à première vue des autres, ceux passés et ceux à venir. Pourtant, quelque chose en lui fait briller le regard dans le cristal des bulles de champagne ou dans le scintillement des étoiles.
Il est beau et digne qu'on trinque à sa naissance parce qu'il porte désormais tous les espoirs du monde.
Une utopie déferlante qui d'un revers de main titanesque, inverserait tout: la crise donnerait vie à un élan formidable de solidarité, les logements vides seraient mis à disposition des sans-abri, des tampons régularisateurs sur des cartes de séjour ou d'identité, des onguents extraordinaires contre le cancer ou les maladies orphelines.
On serait pris soudain de folie et on jetterait d'un seul coup au vent, au diable ou à ce qu'on veut nos jalousies, nos querelles, nos mesquineries, nos amertumes et nos peurs.
Une épidémie soudaine et sans précédent aurait le plus irrémédiable effet de par le monde: tout profit, tout intérêt cesserait soudain de préoccuper les hommes et ils oeuvreraient spontanément, instinctivement pour la paix et l'harmonie. Un mal aussi foudroyant qu'inexplicable, et surtout incurable...

Occupés à cultiver simplement leur terre et leur esprit, à regarder le soleil se lever sans autre prétention que celle de vivre jusqu'au lendemain sans ombrage, sans rancoeur, sans vaine convoitise.

Que dans chaque rue, village, ville, métropole, tout coeur se sente d'abord satisfait et heureux d'être seulement là, ici et maintenant.

La vie n'est qu'un voyage. La seule construction stable est celle de la connaissance de soi.
Le sable redevient du sable, les lits des rivières se reforment toujours aux mêmes endroits, et nous ne sommes que de tout petits êtres livrés à l'incertitude, aux variations, aux contingences.
Un tout petit être minuscule dont les yeux brillent pourtant intensément en regardant l'an nouveau s'avancer.
Un tout petit être qui porte en lui à chaque instant tous les espoirs du monde.

A vous tous, bonne année.



Photo Lilichocolat



 
Par Lilichocolat
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Mercredi 31 décembre 2008
Même pas 24h...!
Peut-être que je voulais faire un test, peut-être que je me suis crue super forte alors que je ne suis qu'une débutante...
Peut-être que le méga moteur de recherches utilisé par la planète entière n'est pas si malin que ça, qu'il ne puisse établir de lien entre cet endroit et moi...
Peut-être suis-je soumise à la tentation de rester encore, encouragée par des marques d'affection que je ne pensais pas du tout susciter... et qui flattent mon petit coeur un tantinet vaniteux.

Il y a quelques temps, j'ai proposé à quelques amis de créer un blog contributif et bio (on se refait pas).
De moins en moins motivée pour venir rédiger ici, je ne me voyais pas gérer deux espaces à la fois, et voulais rassembler mon énergie sur un seul objectif. Puis la légitimité même de rajouter un énième blog (blablablog) sur la sphère bio alors que les sources sont déjà multiples et si fournies qu'une vie ne suffit pas à tout parcourir a commencé à me tarauder. Et, puisque j'en étais à tout remettre en question, par extension, celui-ci, qu'apportait-il, en vérité?

A l'avenir, je patienterai un peu pour affirmer que ma vie a changé radicalement de cap!
Et si cette volonté soudaine de se cacher était en fait une défausse? Une dérobade de plus pour ne pas faire ce que je me suis promis de faire au moins une fois dans ma vie: écrire "pour de vrai"?
Je n'ai pas la réponse. Mais après tout, que je la cherche là ou ailleurs, qu'est-ce que ça change?

Donc voilà, penaude mais un petit sourire malicieux aux lèvres, je reste, encore un peu.
Prétentieuse, car j'imagine que je "ce que j'ai à dire est plus beau que le silence"...!

A bientôt, donc. (Une Lili pas encore assez légère pour voler dans les plumes du vent)



Par Lilichocolat
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