Le désencombrement que l'on peut souhaiter dans nos vies n'est pas seulement matériel, il est aussi bien souvent (et peut-être d'abord) mental.
Quand j'ai plein de choses à faire, j'ai très vite la sensation que ma tête va céder sous la pression, et si je ne note pas sur des pense-bêtes ce qu'il y a à faire, j'attrappe à coup sûr des palpitations.
Pour lutter contre cet inconfort qui me poursuivait depuis... au moins le lycée, j'ai tenté avec plus ou moins de réussite de mettre au point des stratégies. Voici ce qui a marché:
- Première étape: NOTER. TOUT.
A chacun sa technique: post-it à coller au-dessus du bureau ou sur le frigo et qu'on ôte une fois la tâche accomplie (petit bonheur) ou un carnet, un bloc-note, sténo, où l'on biffe sur la liste ce qui est fait (autre petit bonheur).
j'ai trouvé un système que j'aime bien: dans mon agenda à anneaux, je place une feuille blanche (j'en ai pré-perforé et découpé un stock dans du brouillon à la taille de mon agenda) entre les deux pages de la semaine en cours et j'y note ma liste. Ainsi, dès que j'ouvre mon agenda, je sais en un coup d'oeil ce qu'il me reste à faire.
- Deuxième étape: REGROUPER LES TÂCHES.
Pour les tâches intellectuelles, repérer celles qui peuvent être réalisées au milieu d'autres, plus longues, ou à certains moments de la journée, selon l'état de fatigue dans lequel on se trouve, le temps dont on dispose... Double utilité de la note ou de la liste: elle permet de comparer et de choisir pour élaborer son "itinéraire".
- Troisième étape: RANGER.
- de ne pas laisser traîner du bazard derrière soi (et immanquablement dans un coin de sa tête, puisqu'on devra le faire "plus tard"...)
- de laisser au cerveau le temps de faire une pause "technique" afin d'être disponible et attentif à la tâche suivante. Si on peut, profiter de ce moment pour ne penser à rien, ou le moins possible.
Notre tête est très encombrée par toute la logistique du quotidien, de notre travail, mais elle peut aussi l'être par des choix difficiles à faire qui deviennent alors parasites.
Si l'on a tendance à s'éparpiller dans de multiples projets et finalement ne rien finir ou tout laisser tomber à deux doigts du craquage complet, mieux vaut s'accorder un petit quart-d'heure pour s'asseoir et réfléchir.
Prendre une feuille blanche, quelques secondes pour respirer profondément, se détendre.
Et écrire: "Qu'est-ce qui compte vraiment pour moi?" "Quels sont mes vrais désirs?"
Une fois qu'on les aura écrits, on sera rassuré de les savoir à l'abri sur le papier. On va pouvoir en choisir un, voire deux, à faire grandir en ce moment.
Cet exercice peut être fait à chaque fois que l'on se sent en flottement avec ses agissements quotidiens. Au fur et à mesure, notre cerveau va être capable de visualiser et construire les étapes menant à la réalisation du projet. Désencombré de l'immédiateté et de l'abondance d'émotions contradictoires qui l'assaillent et le perturbent pour y voir clair, il va pouvoir là aussi consacrer son énergie à savoir comment s'y prendre.
On est parfois obligé, selon nos modes de vie, nos obligations morales et professionnelles, de répondre en priorité à des engagements qui ne nous satisfont pas totalement. Sans pour autant renoncer au reste, définir des temps où l'on s'y consacre pleinement et avec présence permet d'en alléger le poids et d'en limiter la durée.
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