L’un des grands plaisirs de Paris, un Paris juste effleuré, dans la somnolence de l’été et les rues incroyablement
désertes, tient en un mot : gastronomie.
Il y en a pour tous les goûts, du plus classiquement français au plus exotique.
Quelques incursions timides dans des quartiers que je méconnais me mettent l’eau à la bouche de cultures, de saveurs, de couleurs… Belleville et ses restaurants chinois, dont un, comme un désir,
m’a révélé le meilleur canard laqué de ma vie… Soupir. J’ai oublié le nom.
Dans un quartier mieux connu de moi, où j’aime flâner au soleil quand il y en a, une extase.
Et la flemme de préparer un dîner se transforme en un moment de pur plaisir délicat et raffiné.
Nous sommes au Neelkanth, restaurant indien, rue de la Chine (mille voyages dans la tête).
Ambiance feutrée, sur la table impeccable brille la lueur d’une bougie sous un œuf de pierre sculpté, le mobilier est sobre et beau.
Les plats sont délicieux, raffinés, le service soigné,
l’accueil élégant et discret.
Des parfums de cardamome, anis vert, cannelle, le temps d’un repas. L’ambiance est à la sérénité.
Paris aussi pour ses cafés ouverts et colorés de gens pressés, ou moins, de gens qui prennent rendez-vous, attendent l’heure d’un mariage, un ami, un client… Ce bourdonnement délicieux, la multitude qui s’agite autour de ma table. Mi-terrasse mi-salle, je déguste mon petit noir en clignant des yeux dans le franc soleil du début d’après-midi.
Le cahier posé sur la table semble m’attendre. Suis-je une écrivante de cafés ? Des bruits ? Le minuscule, l’anecdotique déclenche une envie folle de saisir le stylo et de danser sur la page blanche. Les tout petits riens si précieux, si chevillés à la vie. Un ballet chamarré, des rythmes, des sons, des voix. L’espace d’un instant, je ne suis plus là, je sens seulement la ville qui me traverse de son onde électrique, de son énergie sous mille et mille cœurs qui battent.
Photo Lilichocolat 2008

