Samedi 27 juin 2009
On croit qu'on va oublier, que comme c'est "seulement" un animal, on ressentira moins la perte...
Pourtant, toujours je pense à lui, toujours je rêve de lui.
Difficile d'expliquer aux personnes qui me croient en "compensation" ou un peu déboulonnée combien la présence des chats compte dans ma vie, combien elle serait incomplète sans eux. Mais finalement, à quoi bon?
Merzhin me manque.
Adopter un animal n'est pas un acte à la légère, on s'engage pour quinze ans en moyenne, et si on veut bien faire les choses, ce n'est pas non plus gratuit.
En ce qui me concerne, l'adoption est même douloureuse les premiers mois, depuis ce qui s'est passé: si je commence à partager sans retenue la vie de mon nouveau petit compagnon à quatre pattes, dans quel état me retrouverai-je lorsqu'il disparaîtra?
Et si c'est à moi qu'il arrive quelque chose, est-ce que quelqu'un veillera sur lui?
Lorsque Merzhin nous a quittés l'an dernier, beaucoup de gens à qui j'ai parlé de ma peine m'ont dit que les animaux étaient des bêtes à chagrin, qu'il valait mieux garder ses distances, ne pas trop s'attacher...
Sans doute est-ce vrai pour l'attachement qui n'est bon pour personne, dans aucun rapport affectif, qu'il soit animal ou humain. "Attacher"... cela me fait toujours penser à la Fable de La Fontaine, Le Loup et le Chien.
Mais bête à chagrin... Quand chaque jour partager sa vie est une réjouissance, et pour ce qui est du chat, un plaisir esthétique permanent.
Tigre ou panthère de compagnie aux yeux d'émeraude, dont la confiance n'est jamais acquise, qu'il faut apprivoiser à chaque instant.
Gardien des rêves intimes, des limites dépassées, muse discrète dont la présence silencieuse remplit le coeur de pensées autonomes et inspirées.
Mon plaisir de vivre se loge en grande part dans l'observation des mouvements, des rites, des jeux de la gent féline. J'ai grandi avec eux, j'espère mourir auprès d'eux.
Ce n'est pas un culte. J'aime assez l'idée que nous avons un animal totem auprès duquel nous retrouvons le contact avec nos instincts enfouis, notre préhistoire, notre sensation d'appartenir à un tout.
Quand je pose mes mains sur le dos d'un de mes chats, ou que l'un d'eux vient vers moi pour un moment d'échange, je me sens apaisée, solide, reliée.
Alors oui, j'aurai sans doute encore de très gros chagrins.
Mais n'est-ce pas la preuve, comme le disait Musset, que l'on a aimé?
Photo Lilichocolat
Pourtant, toujours je pense à lui, toujours je rêve de lui.
Difficile d'expliquer aux personnes qui me croient en "compensation" ou un peu déboulonnée combien la présence des chats compte dans ma vie, combien elle serait incomplète sans eux. Mais finalement, à quoi bon?
Merzhin me manque.
Adopter un animal n'est pas un acte à la légère, on s'engage pour quinze ans en moyenne, et si on veut bien faire les choses, ce n'est pas non plus gratuit.
En ce qui me concerne, l'adoption est même douloureuse les premiers mois, depuis ce qui s'est passé: si je commence à partager sans retenue la vie de mon nouveau petit compagnon à quatre pattes, dans quel état me retrouverai-je lorsqu'il disparaîtra?
Et si c'est à moi qu'il arrive quelque chose, est-ce que quelqu'un veillera sur lui?
Lorsque Merzhin nous a quittés l'an dernier, beaucoup de gens à qui j'ai parlé de ma peine m'ont dit que les animaux étaient des bêtes à chagrin, qu'il valait mieux garder ses distances, ne pas trop s'attacher...
Sans doute est-ce vrai pour l'attachement qui n'est bon pour personne, dans aucun rapport affectif, qu'il soit animal ou humain. "Attacher"... cela me fait toujours penser à la Fable de La Fontaine, Le Loup et le Chien.
Mais bête à chagrin... Quand chaque jour partager sa vie est une réjouissance, et pour ce qui est du chat, un plaisir esthétique permanent.
Tigre ou panthère de compagnie aux yeux d'émeraude, dont la confiance n'est jamais acquise, qu'il faut apprivoiser à chaque instant.
Gardien des rêves intimes, des limites dépassées, muse discrète dont la présence silencieuse remplit le coeur de pensées autonomes et inspirées.
Mon plaisir de vivre se loge en grande part dans l'observation des mouvements, des rites, des jeux de la gent féline. J'ai grandi avec eux, j'espère mourir auprès d'eux.
Ce n'est pas un culte. J'aime assez l'idée que nous avons un animal totem auprès duquel nous retrouvons le contact avec nos instincts enfouis, notre préhistoire, notre sensation d'appartenir à un tout.
Quand je pose mes mains sur le dos d'un de mes chats, ou que l'un d'eux vient vers moi pour un moment d'échange, je me sens apaisée, solide, reliée.
Alors oui, j'aurai sans doute encore de très gros chagrins.
Mais n'est-ce pas la preuve, comme le disait Musset, que l'on a aimé?
Photo Lilichocolat

